F-A-Q
Natur-Action s'explique, halte aux rumeurs!
On a parfois l'impression que Natur-Action s'oppose systématiquement à tout projet?
Natur-Action ne s'oppose pas à tout, c'est une idée
reçue que certains diffusent. Nous nous opposons aux projets les
plus absurdes, à l'heure où l'on doit faire attention
à la nature, à l'environnement. Des années 90
à 2020, notre ville aura étendu son emprise de plus de
50% pour une population à peine plus élevée. Ca
s'appelle de l'étalement urbain et nous sommes contre cette
vision qui consiste à grignotter toujours plus la campagne.
Alors oui, nous sommes opposés aux ZAD (zone d'activité
différée) de Pré-Hembert qui va étendre la
ville vers Pornichet et qui a déjà commencé avec
le stade de rugby et la cité sanitaine, ainsi qu'à la ZAD
des Frémaudières qui étend la ville
derrière Océanis jusqu'au carrefour des six chemins,
ainsi que les zones de Coulvé-Québrais qui
étendent la ville autour des bassins de
Coulvé-Québrais et dans des zones humides et sur le
secteur au nord de la gare, là aussi zone humide sensible,
inondable et protégée où la ville veut construire
des bureaux, des commerces et des habitations.
La ville gagne des habitants, où faut-il construire alors?
C'est relatif, la ville gagne des habitants à grands coups de
renforts publicitaires pour inciter des gens à investir dans
l'immobilier. Une partie de ces appartements sont en effet remis sur le
marché de la location.
Nous sommes favorables à ce que l'on appelle le "renouvellement
urbain". C'est à dire reconstruire la ville sur elle-même.
Au lieu de s'étendre dans la campagne jusqu'ici
préservée, on peut raser de vieilles barres de garages,
de vieux entrepots, pour construire du neuf en ville.
Et il faut même en profiter pour monter en hauteur. Notre ville a
été reconstruite avec des immeubles ne dépassant
pas trois étages en centre-ville, et on trouve des maisons dans
les rues immédiates de l'artère principale.
C'était une facilité d'après-guerre, mais une erreur en matière d'urbanisme.
Aujourd'hui, le centre-ville doit pouvoir construire des immeubles de 4 ou 5 étages.
C'est pourtant ce qui a été fait sur Laborde et bientôt sur Delzieux?
Non, sur ces deux terrains, il s'agissait de construire des logements
privés sur des squares publics. Le genre de chose qui aurait
provoqué un tollé général dans de
nombreuses villes.
Laborde c'était un espace vert. On ne peut pas raser
impunément les rares poumons de notre ville. Pour Delzieux c'est
pareil. et dans les deux cas, ces squares ont été
volontairement délaissés pendant de nombreuses
années (grillages enlevés, pelouses non entretenues,
poubelles, bancs et éclairage délabrés...). Le
résultat c'est que le jour où la ville a voulu
construire, les gens n'avaient plus de coup de coeur pour ces espaces
laissés à l'abandon. C'est une stratégie politique
sur le long terme.
Mais on va construire des logements sociaux à Laborde, vous ne pouvez pas être contre celà?
L'argument du logement social c'est un piège. On le sait,
près de 3 000 personnes attendent un logement social dans notre
ville. Mais ce n'est pas une raison pour jouer sur cette corde sensible
et dire à chaque fois que des gens s'opposent à un
projet: "vous êtes contre ce projet? alors vous êtes contre
le logement social". Ce genre de discours est scandaleux.
Sur Laborde on sort une centaine de logements privés à
près de 3 000 euro le m2 et pour faire passer la pilule de la
destruction d'un square, on y ajoute 20 logements sociaux.
Au passage, ces logements ne sont pas sur l'arrière des
batiments, dans le calme, mais dans l'endroit le plus bruyant du
projet, à savoir dans le carrefour au coin de la place Laborde.
Vous n'êtes pas opposés au logement social alors?
Bien sûr que non! Et celui qui arrivera à nous faire dire
le contraire n'est pas né. La majorité de l'équipe
de Natur-Action habite dans des logements sociaux, à d'autres ce
genre de procès.
Et c'est justement parce que nous y habitons que nous pouvons
comprendre l'absurdité du programme "Ker Adélie" à
Kerlédé. Ces logements auraient pû être
construits dans le quartier, il y a effectivement quelques emplacements
disponibles (mais pas autant que ne le dit la mairie).
En revanche, avoir construit à 4,37m de la chaufferie du
quartier, une chaudière à gaz hyper dangereuse et assez
bruyante c'est justement honteux vis-à-vis des gens qui vont y
habiter.
Quel promoteur aurait choisi un tel site pour des habitations privées? Aucun!
Mais alors, où construire?
En ville, on
peut construire à la place de l'ancienne caserne
des pompiers (c'est prévu), rue Henri Gautier face aux "cuves"
(c'est prévu), à la place de ces mêmes cuves
d'huile qui n'ont rien à faire en ville, à la place des
garages situés entre
le ruban bleu et Agora. On peut aussi construire à la place du
garage "le Morgane", à la place des bureaux de la
société Sofia, rue Clémenceau, et partout
où l'on trouve de vieux hangars, garages, maisons
abandonnées... Sur une centaine de projets en ville ces
dernières années, Natur-Action ne s'est opposé
qu'à trois ou quatre, dont Laborde et Delzieux sur deux
squares publics.
Les nazairiens contestent aussi l'aspect des immeubles construits, vous aussi?
Natur-Action se bat contre l'etalement urbain, et se félicite
dès que des constructions se font en ville, en renouvellement
urbain, sauf s'il s'agit de supprimer un espace vert, un square, un
jardin public.
Sur l'esthétique des constructions, chacun, y compris dans
l'association, a ses opinions, mais ce n'est pas notre souci principal.
Les constructions plaisent à certains de nos adhérents,
déplaisent à d'autres. C'est pourquoi nous ne prenons pas
position sur le sujet. On s'éloigne du problème initial.
Le front de mer, là aussi vous êtes contre cet aménagement?
Non. Natur-Action est favorable à l'aménagement du front
de mer! Mais cet aménagement aurait dû se faire en
préservant les arbres. Des ormes centenaires ont
été abattus sur la première tranche. Un orme est
une espèce en voie de disparition qui doit être
protégée quand on a la chance d'en avoir en ville. Ce
n'est pas nous qui le disons, ce sont les scientifiques du CNRS et de
l'INRA.
Sur la seconde tranche, on avait l'opportunité de créer
une promenade ombragée (face à la crèperie "le
doux soleil"), avec des bancs, des jeux pour enfants, une terrasse de
bar, etc... sous des platanes centenaires. Mais le projet a
massacré une rangée complète de ces magnifiques
platanes et une bonne partie des autres. C'est absurde! Alors que la
ville recherchait à en faire un lieu de promenade, on supprime
ce qui pouvait effectivement le permettre. Là on aura un lieu de
passage, pas un lieu de promenade, pas un but, où l'on vient se
retrouver, boire un verre à l'ombre en été.
Vous critiquez les palmiers, c'est beau pourtant, ça donne un aspect méditerranéen...
Justement, nous ne sommes pas sur les bords de la
méditerranée, mais sur les bords de l'Atlantique. Un peu
de palmiers c'est marrant, ça change un peu. Mais depuis
quelques temps c'est devenu une obsession d'en mettre partout! Avenue
De Gaulle d'accord, mais ensuite jusqu'au "petit Maroc". Bon on va
mettre celà sur le compte de la continuité de l'avenue de
Gaulle.
Puis autour du "ruban bleu", place de l'amérique Latine, place
Laborde, l'immaculée, rue Gustave gaté, etc... Pour finir
on annonce à nouveau des palmiers rue de la paix à la
place des magnifiques arbres qui ont mis vingts ans à atteindre
leur forme actuelle. Pourquoi pas des cactus?
Arrêtons! Un palmier n'apporte rien en matière
environnementale. Les oiseaux ne viennent pas y nicher. On pourrait
aussi prendre la mairie à son jeu: justement dans le sud, les
villes et villages préservent leurs magnifiques platanes pour en
faire des lieux de rencontre ombragés. N'oublions pas que le
réchauffement climatique est en marche. Même si
celà ne se sent pas forcément, chaque année, la
température augmente, le désert avance et les ressources
en eau diminuent.
Mais si on coupe un arbre c'est qu'il est malade?
Normalement c'est ce qui devrait se faire. Bien que, un arbre malade
peut très bien rester en place encore des années. On a vu
des arbres malades qui tiennent très bien, et des arbres sains
tomber sous le coup d'une tempète. Ca ne peut donc pas
être un argument de sécurité, c'est très
aléatoire.
Malheureusement la plupart des arbres coupés à
Saint-Nazaire ne sont pas malades! Et nous voyons aussi des "tests" par
exemple avenue Albert De Mun, rue d'Anjou, boulevard de la
Libération... On coupe un arbre au hasard pour voir s'il est
malade... Heureusement jusqu'à présent la ville est
tombée sur des arbres sains... On imagine le carnage si l'arbre
testé avait été malade!
On vous reproche aussi de mentir, de jouer sur les peurs?
Qui fait le plus peur? Qui ment le plus? Tout ce que nous
dénonçons est vérifiable par n'importe quel
nazairien sur le terrain! Il suffit parfois de réfléchir
et de se dire "tiens effectivement c'est bizarre, je ne voyais pas les
choses comme celà".
Face à la puissance de la propagande municipale, nous avons peu
de moyens pour dénoncer les choses. D'ailleurs nous avons
remarqué que bien souvent lorsque nous souvelons un
problème, le numéro suivant de "Saint-Nazaire magazine"
fait un bel article sur le sujet où l'on voit que tout est beau,
tout est bien. On l'a vu avec Porcé, le chemin côtier...
Circulez, y'a rien à voir!
Quand nous mettons le doigt là où ça fait mal,
nous voyons aussi certains élus se déchainer contre nous
dans la presse ou sur le blog municipal. La meilleure façon de
ne pas répondre à un mensonge n'est-il pas l'ignorance? CQFD.
Alors vous êtes une association de droite si vous vous opposez à ce que fait la municipalité?
Natur-Action est une association apolitique. C'est bien ce qui
gêne certaines personnes, c'est que justement on ne peut pas nous
classer à droite ou à gauche. Nos adhérents
viennent de tous les horizons: gauche, droite, extreme gauche, centre,
majorité municipale... Dommage!
Mais justement nous demandons à nos adhérents de garder
leur étiquette dans la poche. Nous nous battons tous ensemble.
Peu importe la couleur, si la ville était dirigée par une
équipe de droite et menait la même politique en
matière d'environnement, nous aurions exactement la même
attitude!
Les verts ne semblent pas vous aimer? Ou vous ne semblez pas aimer les verts?
Détrompez-vous! Certains militants verts sont aussi membres de
notre association. Et sur le terrain, que ce soit contre le projet
"vénitie" à Guérande, sur "Donges-est", contre les
marées noires, l'aéroport... nous nous retrouvons avec
les verts, d'autres partis politiques et de nombreuses associations.
Concernant le "ruban bleu", vous êtiez contre ce projet?
Natur-Action ne s'est jamais prononcée contre le projet du
"ruban bleu". Nous avons réagi et protesté contre
l'abattage d'une centaine de magnifiques platanes sur les places
Marceau et Allende.
Pour le reste, c'est un projet commercial de
renouvellement urbain, et il vaut mieux voir des commerces s'installer
en ville plutot qu'à la campagne sur des espaces encore vierges.
Comme pour l'esthétique des immeubles, ce
n'est pas notre souci, même si chaque adhérent de
Natur-Action a une opinion favorable ou défavorable.
Si on plante deux arbres lorsqu'on en coupe un, c'est quand même bien?
Malheureusement, entre deux arbres de quelques années et un
magnifique orme, platane, peuplier de 50 ans, il y a une
différence énorme. certes, ces "nouveaux" arbres
deviendront magnifiques dans 20 ans, mais il faut éviter de
détruire ceux que nous avons aujourd'hui!
De nombreuses villes de France, de toutes tailles et de toutes
tendances politiques, ont adoptées une "charte de l'arbre". On
peut y lire notamment que, dans tout projet urbain, il faut
préserver au maximum les arbres en place.
Lors de travaux, les tranchées doivent se faire à plus de
1,50 m du tronc, les troncs doivent être protégés,
les racines ne doivent pas être mises à nue, et si par
malheur celà arrive, il faut immédiatement les
protéger avec de la paille et de la terre fraiche, surtout pas
de graviers.
On y lit aussi qu'il est interdit de déposer des objets lourds
à leurs pieds, de faire passer des engins de chantier à
moins de deux mètres, que tout élagage de branche de plus
de 10 cm de diamètre doit faire l'objet d'une autorisation
spéciale, qu'avant chaque chantier, un inventaire précis
des arbres doit être réalisé, que les entreprises
doivent signer la charte, avec des astreintes financières en cas
d'infractions. On en est bien loin à Saint-Nazaire!
Et si la
municipalité vous propose de travailler avec elle à
l'élaboration d'une telle charte, vous y allez?
Oui. A condition de ne pas être un alibi mais de
réellement peser dans les choix retenus. C'est comme pour notre
proposition de fôret urbaine. Si la ville nous dit "on la fait",
et même si la taille retenue est un peu moins importante, pas de
problème! Cette fôret ce n'est pas pour nous, ni pour les
élus actuels, c'est pour nos enfants, pour dans 20 ans. Nous
n'avons aucun intéret personnel et immédiat à en
retirer.
Pour finir, vous avez quand même des points positifs à nous donner?
Oui, ce n'est pas parce que nous mettons le doigt sur ce qui ne va pas
que nous ne voyons pas ce qui va bien. Par exemple nous nous
félicitons de l'aménagement de l'ancien camping des
"jaunais", la mise en valeur et la protection de la dûne
située juste à côté. Il y a aussi
l'aménagement du parking de la "courance". Les plantations
arbustives autour de l'église et de la sous-préfecture.
Les chênes liège place de l'amérique Latine,
même si nous aurions préféré un
véritable espace vert.
Il y a aussi les plantations d'arbres et d'arbustes à la
Chesnaie, le long de la rocade entre les quartiers ouest et le rond
point de cran-neuf...