Le 2 février avait lieu la
journée mondiale des zones humides. Mais connait-on vraiment les
zones humides et leur rôle?
"Les zones humides, espaces de transition entre la terre et l'eau,
constituent un patrimoine naturel exceptionnel en raison de leurs
richesses biologiques et des fonctions naturelles qu'elles remplissent.
Les zones humides sont parmi les milieux naturels les plus riches du
monde, elles fournissent l'eau, les aliments à d'innombrables
espèces de plantes et d'animaux. Ce sont des milieux de vie
remarquables pour la diversité biologique".
(source: Ministère de l'écologie, de l'énergie, du développement durable et de la mer).
Les zones humides ont bien sûr un rôle essentiel dans le
cycle de l'eau, elles sont à la fois le magasin d'alimentation
et la pharmacie de la terre, ce sont des zones riches en
diversité.
Les zones humides agissent comme des filtres et piègent les
éléments toxiques qui sont détruits par des
processus naturels. Les micro-organismes pathogènes meurent ou
sont éliminés par d'autres organismes vivants du milieu.
Outre cet effet de purification, les zones humides jouent un rôle
essentiel dans l'infiltration de l'eau qui recharge et
régénère les eaux souterraines.
Elles contribuent aussi à éviter l'érosion des
sols par ruissellement et constituent un "tampon" essentiel en cas
d'inondation en collectant les débordements soudains.
Ainsi les zones humides protègent, épurent,
régénèrent les réserves en eau.
Malheureusement aujourd'hui encore, leur rôle vital reste
méconnu.
Elles ont un rôle biologique important. De nombreuses
espèces animales et végétales y sont
inféodées.
En France
métropolitaine, bien qu'elles ne couvrent que 3% du territoire,
elles hébergent un tiers des espèces
végétales remarquables ou menacées, la
moitié des espèces d'oiseaux et la totalité des
espèces d'amphibiens et de poissons.
Elles peuvent jouer un rôle économique (sel, tourbe,
pêche, élevage, tourisme) et procurent un plaisir
indéniable quand on veut bien s'y intéresser (promenade,
loisirs...), c'est un spectacle permanent selon les saisons!
Malheureusement les milieux humides
ont aussi, à cause de l'urbanisation, perdu jusqu'à 80%
de leur superficie (pour les tourbières) et jusqu'à 40%
pour les prairies humides (entre 1990 et 2000 en France).
Pourtant de nombreux textes protègent ces lieux importants
(Ramsar, Convention de Berne et de Rio, directives européennes,
lois françaises sur l'eau, le littoral, etc...). Le gouvernement
français va renforcer la protection des zones humides en
créant et en lançant un plan national d'actions pour la
sauvegarde des zones humides.
Nous avons depuis longtemps mis en évidence la
nécessité de sauvegarder ces zones. Natur-Action a
participé au collectif "Vénitie" contre l'implantation de
logements aux abords des marais salants de Guérande,
organisé le combat contre l'extension du port à
Donges-Est, monté des dossiers sur l'impact des nomades sur ces
prairies humides, montré l'abérration de projets en zone
humide derrière la gare, à Grandchamps à Trignac,
à Brais, en Brière ou encore à Montoir.
Et plus loin nous nous battons contre la suppression de centaines
d'hectares de zones humides qui seront détruites si
l'aéroport de Notre dame des landes se faisait. Nous avons aussi
apporté notre soutien au collectif contre l'assèchement
des marais de Massérac (nord du département entre Redon
et Guémené-Penfao).
La zone humide située derrière la gare SNSF de
St-Nazaire, est en fait l'extrèmité du marais de
Brière. Cet espace naturel, zone inondable, est classé en
zone de protection spéciale (ZPS).
La quasi totalité des zones humides ont été
remblayées depuis le début des années 80 avec
l'arrivée d'Auchan à Trignac puis l'extension
perpétuelle de la zac de la fontaine au brun (joli nom pour une
zone commerciale) puis de la zac de Savine.
Il ne reste que quelques hectares en bordure de voie ferrée,
entre la nationale et Prézégat. Ce secteur avait fait
l'objet d'un projet de parc paysager en collaboration avec la ville de
Trignac dans les années 90.
Depuis, la municipalité et la Carène ont vu grand et le
projet ci-dessous était encore à l'ordre du jour il y a
seulement quelques mois!
Heureusement, le Préfet a refusé le projet nazairien, et
aujourd'hui seule la partie la plus proche de la nationale (entre la
gare et Quick) est encore soumise à un projet de parking et de
bureaux ainsi qu'à la construction d'une "gare nord".
Natur-Action refuse que cette zone humide soit condamnée pour un
parking et des bureaux inoccupés. D'autant que la destruction de
zones humides, implique des compensations. A ce jour, la
municipalité n'a pas fait connaitre ces fameuses compensations.
Le secteur est une zone tampon essentielle. Des constructions
entraineraient inévitablement l'inondation des voies
ferrées situées à proximité en cas de
fortes pluies. On l'a vu à de multiples reprises à
Pornichet où des constructions ont vu le jour sur une zone
humide en bordure de l'hyppodrome.